Dans la foulée, je suis inspiré…
Carnaval, j’ai quatre ans, je suis déguisé en rien. En rien parce que mon maquillage est de travers, ma perruque mal taillée et mon habit dépareillé, dépenaillé. Les autres sont resplendissants et bien arrangés, il y a Ève en forme de grosse fraise, Gabriel en cowboy assuré et Vincent en beau Zorro. Le moment est important, les parents ont amenés leur enfant pour le carnaval du mardi gras, ils vont parader en ville, les enfants devant et les mamans derrière avec leurs appareils photos. Les canards et leur canetons. La nature reprend son droit. Je donne la main à un copain qui traîne là et m’élance à l’assaut de la grande chaussée qui mène à la marie. On rit, on crie, on peut encore s’amuser en lançant des confettis. Bien sûr quelques uns, comme moi, se lancent entre eux les sachets pour se bagarrer et les mères se font un plaisir de crier. C’est cela la vie de quartier, on se montre et tente de faire de notre enfant celui qui sera le plus sacré, comme le roi du mardi gras.

