Superbement éveillé, je longe le boulevard Montparnasse. Ce soir, je me sens Parisien. A droite les voitures de luxe prennent l’orgueil de laisser leur capote ouverte, à gauche un appartement éclairé m’illumine le visage, un tableau me fixe. Deux yeux d’un gros ours m’enrubanne de chaleur, je l’imagine qui me parle et me susurre à l’oreille d’une voix sucrée « rentre vite, petit garçon ».
Je m’assois sur le banc vert qui crie sa solitude, lui et moi, nous étions fait pour nous rencontrer. Je lui parle et lui demande ce qu’il pense de tout cela. Bien sûr, il ne répond pas. Autour de nous, personne. Paris est désert, le moindre bruit ne s’échappe des appartements gris ou sable.
Un peu plus loin, les grilles de l’école militaire m’ordonne de m’arrêter, je m’exécute. Impossible d’aller plus loin, à travers les barreaux, je dépose mon regard sur les herbes basses de la pelouse accueillante, sirènes réincarnées chantant une mélopée pour m’inviter.
« Ya quelqu’un ? »
Le vent me répond que non. Penaud, je quitte le sable chaud et les crustacés pour me glisser dans les draps chauds du métro parisien.
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